hedi

Regard sur le film « Hedi, un vent de liberté » de Mohamed Ben Attia

Notre association a répondu d’enthousiasme à la demande du directeur du cinéma Le Club de Grenoble,  Patrick ORTEGA, de soutenir et relayer la présentation en avant première du film Hedi de Mohamed BEN ATTIA, cinéaste tunisien, en présence du réalisateur, et de l’acteur principal Madj MASTOURA. La rencontre du 28 novembre à Grenoble qu’ont aussi relayé nos associations amies de Grenoble a fait salle comble, malgré des délais courts, et le débat qui a suivi a été très passionné et instructif.

Le film est sorti en Tunisie le 14 mars, et semble y faire une jolie carrière. Les récompenses reçues (Meilleur premier film et Ours d’Argent du meilleur acteur à Madj MASTOURA) en signalaient tout l’intérêt, comme le très riche article de Françoise COUPAT dans Africultures.

Il est presque outrecuidant de prétendre ajouter d’autres mots après une vision si fouillée. Je prends néanmoins le risque de vous faire partager la séduction que Hedi a exercé sur votre serviteur. J’aurais aimé qu’on garde en France ou qu’on traduise le titre tunisien Inhebbek Hedi, je t’aime Hedi, et le double sens signalé par Françoise COUPAT « Je te veux paisible ».
Ce film est en effet riche en doubles lectures, en symboliques allusives, mais jamais lourdes. Cette autorévélation d’un jeune homme, par l’amour d’une femme est une métaphore assumée par le cinéaste de l’avènement d’une « nouvelle nouvelle » Tunisie avec le défi douloureux de la modernité en rupture avec tradition et tentation de l’exil.
C’est donc une écriture très maîtrisée et riche de messages et de stimulations que nous offre Mohamed BEN ATTIA dans son premier long métrage. Sa caméra soutenue par une musique très présente nous ménage de longs moments d’inquiétude, et choisit l’absence de plans très larges, et le refus d’esthétisme touristique. La situation politique de la Tunisie n’est présente que par allusions.
Le jeu d’abord tout d’intériorité un peu désespérée de Madj MASTOURA qui éclate ensuite de vitalité et de joie, après la rencontre de la belle Rim (séduisante et très présente Rym BEN MESSAOUD) est captivant, comme l’ont senti les jurés de Berlin. Madj qui a de nombreux talents nous a dit à Grenoble que cette partie très intériorisée avait été complexe à composer.
Nous assistons à plusieurs superbes scènes à deux voire trois personnages, avec Rim, bien sûr mais aussi avec la fiancée délaissée, le frère aîné, et la scène de vérité impressionnante avec la mère venue à Mahdia chercher le fils prodigue en rupture de mariage. Les scènes de présentation du mariage traditionnel fourmillent d’observations cocasses sur l’hypocrisie des relations « à l’ancienne ». Et le fait que l’ex futur beau-père de ce mariage de promotion sociale finisse en prison pour corruption porte un dernier coup à des conventions sociales à chambouler.

Hedi sort le 28 décembre en exploitation en France. Il me paraît nécessaire de le faire voir au plus grand nombre de spectateurs. Le cinéma tunisien et le cinéma tout court se sont enrichis d’un talent prometteur. Ne passons pas à côté!

Michel WILSON

One comment

  • Elgourari Moktar

    Très beau film qui dénonce avec intelligence la tyrannie de certaines mères à modeler la vie de leurs fils et filles. A voir absolument. Projection au Alizés à Bron 214 Av F.Roosevelt à Bron, Tram T2 ET T5.
    Ce film sera projeté le vendredi 6 janvier à 20h en présence de l’acteur principal Majed Mastoura.
    Le débat se poursuivra autour d’un thé à la menthe et des gâteaux orientaux offerts.
    séance organisée par l’association Maghreb Des Films Rhône Alpes en partenariat avec le Ciné club tunisien.

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