Textes des élèves – Lycée professionnel Pablo Picasso Givors (69)

Avec les mots d’Eluard

EXISTER

Je te l’ai dit que c’était facile
Je te l’ai dit que tu étais capable
Pour crier sur les toits
Pour chanter comme les oiseaux
Pour danser comme les danseurs

Je te l’ai dit que tu pouvais le faire
Pour caresser la rosée du matin

Je te l’ai dit que c’était envisageable
Pour relier les mots
Et en faire des vers.

Seul au monde
Poussière de l’univers
Chassée de la terre

Seul au monde
Exclu.

Seul au monde
Exclu de ma vie
Seul au monde
Chassé de chez moi
Seul au monde
Personne ne veut de moi
Seul au monde
Dépression, tendance suicidaire
Seul au monde
Précipice, désespoir, suicide
Seul au monde
Allo la terre, allo la terre, allo la terre….

Elle a voulu me dire pour :
Son cœur en extase
Son espoir du caprice
Sa forêt palpitante
Son soleil maladroit
La parenthèse de sa paupière
Sa rosée d’innocence
Sa bouche inachevée

Elle a voulu me mettre des choses aberrantes dans la tête

Sur le calme du plaisir
J’ai collé l’avenir
Des vagues qui s’affrontent
De la corbeille de houx
Qui effleure mes pensées
Et la raison étrange de l’affiche qui absout
Ces paroles visibles, étranges et glacées

Je te l’ai dit pour une pluie de caresses
Je te l’ai dit pour l’azur dépouillé
Pour chaque parole de visages
Pour chaque insomnie limpide
Pour chaque frisson subtil
Pour des parenthèses de racines
Et le manque d’espoir nourricier

Je te l’ai dit pour l’infini suppliant
Je te l’ai dit pour un songe d’abandon
Je te l’ai dit par ombre du souvenir
Pour vivre ce crépuscule charnu
Pour cette parenthèse d’apparence
Pour cette impatience invisible

De tout abandon nocturne
De tout désert glacé
Ressurgit la vérité violente.

On ne m’a pas dit que le monde était si sombre
On ne m’a pas dit pour ces guerres
Pour ces innocents, pour ces isolés

On ne m’a pas dit pour ces morts
Pour ces malades
Pour ces blessés, pour ces regrets

On ne m’a pas dit pour ces larmes
Pour tous ces visages attristés
Pour cette pluie glaciale

Pourquoi toujours ce même refrain ?

Je te l’ai dit pour l’hiver invincible
Je te l’ai dit que ton courage est séduisant
Pour la femme aimable.

Je te l’ai dit de l’emmener
En promenade sucrée

Je te l’ai dit
Que ton visage est protecteur
Pour la femme séduisante

Je te l’ai dit
Toute promesse
Emmènera la femme absente auprès de toi.

Calme-toi, respiration restreinte du vivant
Calme-toi carte étrange de la symphonie glacée
Calme-toi et repose le vide et le retard vibrant

Toi, qui nulle part n’es respecté
Toi,  qui débrouille ton histoire vivante

Pour toi, la raison calme,  patiente
Pour toi, l’affiche visible déroutante
Pour toi, la corbeille étrange de la vie

Espérance vivante qui s’attarde sur le vide d’un monde enfoui.


Bisou du mecano

Bisou vissé
Ne pas rêver
Bisou clipsé
Ne pas s’éclipser
Bisou poncé
Ne pas glisser
Bisou huilé
Sans être beurre
Bisou crevé
Ne manque pas d’air
Bisou essuie-glaçé
Balaie les soucis
Bisou climé
Mais aussi réclamé
Bisou échappé
Pas trop vite fuit
Bisou pincé
Pas si fermé
Bisous clé
Pas cadenassé
Bisou clipsé
Correctement misé
Bisou voituré
Accidenté
Bisou culassé
Si culotté
Bisou vanné
La bonne blague
Bisou électrisé
Brutalisé
Bisou clef à choquer
Vient me faire peur
Bisou pistonné
Bien travaillé
Bisous biellé
Bien attaché
Bisou janté
Bien étoilé
Bisou lustré
Bien astiqué
Surtout pas de marche arrière
Pour éviter
Bisous accidenté
Bisou accéléré
Attention excès
Bisou tensionné
Attention coup de foudre
Bisou clipsé
Viens m’embrasser
Bisou pistonné
Rendez-vous arrangé
Bisou biellé
Comme un aller
Bisou pincé
Rends mon baiser
Bisou brisé
Rêve cassé
Bisou climé
A chaque baiser
Bisou crevé
Non oxygéné
Bisou trousse à outils
Réparation sans addition
Et n’oublie pas
Les mécanos  DESJANTES
Bisou outillé
Pas s’emmêler
Bisou clipsé
Ne pas bloquer
Bisou sondé
Note éditée
Bisou nettoyé
Dents pas brossées
Bisou boulonné
Rester grippé
Bisou déjanté
Attention gantes allumées
Bisou huilé
Ne pas glisser
Bisou siégé
Attention sécurité
Bisou essuie-glacé
Attention pas geler, pas coller, pas sécher
Stop dernier bisou du mécano
Bisou banquette
Ne pas déranger.


Brutalité

Cette brutalité qui nous dépasse
Cette brutalité qui nous dépasse
Mentalement
Cette brutalité qui nous dépasse
Mentalement et physiquement
Cette brutalité qui nous rend fous
Cette brutalité qui nous rend fous et en colère
Cette brutalité qui s’aggrave
Cette brutalité dans toutes les guerres
Cette brutalité abominable
Cette brutalité sous toutes ses formes
Dérangeantes, absurdes
Cette brutalité
Pourquoi tant de brutalité ?


Début. Commencé par la solitude

Début
Commencé par la solitude,
La mélancolie
Le désespoir d’une vie foutue en l’air.
Début : la belle vie, mais tristesse profonde
Tous mes souvenirs par des moments d’extase
Ressurgissent comme un « moi »
Après un concert fabuleux. Trop bien.

Ensuite
Vient l’accélération
Le début de la montée de la sauce piquante

Moment d’apothéose
Vient une distorsion
Moment de défonce
Comme un bon rail de coke
En mélange d’extasie
En s’émerveillant.

Milieu
C’est le retour sur l’enfer du mal de vivre
Du bien être
Tout dépend de l’instant perturbé
Avec un peu de ralentissement

Fin progressive
C’est le retour sur le décalage
De la vie réelle
Où tout dépend du degré d’extase.

Tu pars
Et je te tends la main
Tu pars
Je m’accroche
Tu es partie
Je ne te vois pas
Tu n’es plus là
Je m’accroche à tes ailes
Tu es devant, mais tu n’es plus là
Je ne réalise pas
Tu me regardes d’en haut
Et je contemple ta fin
Tu me souris
Je te pleure


Et si les choses étaient des hommes…

 

P………………….                                                                         Givors le 3 février 2012

 

Cher CAFARD

Je t’écris mon petit cafard pour te dire combien tu es mignon. A chaque fois que je te vois, mes yeux s’émerveillent en s’écarquillant.

Bien que tout le monde écrase les cafards, moi je ne te ferai jamais cela.

Tout le monde te déteste mon gentil cafard, mais moi je t’adore. Je te trouve si adorable que mon cœur est en extase lorsqu’il te contemple. Tu es l’unique cafard, parmi tant d’autres cafards ; car tes couleurs sont magnifiques, couleur noire, jaune et un peu bleutée.

Pourquoi les gens de la terre, te font-ils tant de mal ? Pourquoi te haïssent-ils ?

Moi je t’aime mon petit cafard !

P……

 

LE CAFARD
1, avenue sous terre
75500 DUCOIN

Cher P……,

Je te remercie de m’avoir écrit,  car ta lettre m’a beaucoup ému.

Après l’avoir lue et relue,  j’ai ressenti en toi un certain amour et une certaine compassion.

Pourquoi ne sont-ils pas tous comme toi ?

Si nous sommes autant détestés, c’est à cause de l’image de l’être  humain a de nous, en regardant les pubs télévisées sur les produits    insecticides, mais aussi tout ces films horribles dans lesquels ont nous colle un rôle d’insecte hideux et morbide grouillant sur des cadavres.

Mon cher Pierrick tu es le seul qui me comprend, tu es le seul qui porte un minimum d’attention à moi et cela fait du bien

CAFARD.

 

 

M…………

Chère solitude

Oui, j’écris comme j’écrirais à mon miroir. Ma solitude m’accompagne, ma solitude est là et c’est si nous étions deux.

Qui est le plus seul, le plus comme on dit sur le côté de route ? Toi ma   solitude ou moi-même.

Tu es multiple, ma solitude…Solitude dans l’alcool, solitude dans la vie,            solitude au milieu de la foule.

Toutes ces solitudes sont différentes, c’est un exil, un refus, un vomi de           soi-même, un mal de vivre.

Ma solitude  es-tu à la bonne place ? Sans doute quand tu veux de moi   et que je t’accepte, mais le plus souvent, tu t’imposes comme une      punition de la société et je sens mon corps, mon cerveau s’en aller.

Je m’évanouis dans un autre monde, un monde que je ne connais pas,    un exil noir, un monstre de la nuit d’où on ne revient pas.

M…………..

 

LA SOLITUDE
13, rue de ignorés
37380 Quelque part

Mon cher M……..,

Je t’écris, Michel pour te remercier de m’avoir écrit pour la première fois, et tu es le seul à m’avoir écrit.

Suis-je là par volonté ou par obligation dans cette terre de brutes ?

Je pense que cela dépend du moment, du lieu,  des personnes que je peux apercevoir. Tout le monde me délaisse, me rejette comme une vulgaire morue, mais toi Michel, je suis bien avec toi. Je suis à la bonne place,  mais qu’avec toi.

Avec toi,  je suis là par volonté car il y a une certaine tendresse entre nous deux. Mais quand je rencontre les autres personnes d’ici et d’ailleurs, c’est une obligation, une torture sans équivoque

A plus tard,

La Solitude

 

 

M………….

Chère Poubelle,

Je tenais à t’écrire cette lettre pour te remercier de tous les services que tu me rends, quand j’ai besoin de toi tu es toujours là, à la même place, tu es bien la seule, à ne pas bouger depuis ces nombreux mois.  Je peux me lever au milieu de la nuit, je sais que tu seras entrain de dormir, mais plus les jours passent, plus je te plains.

Pourquoi Poubelle, ne te  plains-tu pas ?

Avec tout ce que tu subis. Moi à ta place je n’aurais pas pu supporter la moitié de ce que toi tu endures.

Poubelle, tu es la plus courageuse de toutes, tu es si propre. Tous les jours quand je descends ton contenu, je prends soin de te nettoyer.  Même quand tu prends ta douche au froid et aux produits un peu trop forts, tu ne te plains pas.

Poubelle, tu es l’objet le plus important de la maison, car grâce à toi, les détritus vont tous dans ton gros estomac de cinquante litres. Après tout cela, j’aurai tout de même une question à te poser ma poubelle :

–                     « Comment fais-tu pour endurer toutes ces souffrances et ne jamais te plaindre ? »

Je vais te laisser sur cette question en espérant que tu me donneras vite une réponse.

M……………

La poubelle
1, avenue des poubeilliers
75550 DETRITUS

Cher M…………….

Je viens par cette lettre pour te remercier,  car cela m’a        énormément touchée.

Si tu savais ce que je peux vivre chaque jour : je suis   déplacée, je suis ouverte puis fermée. Je ne souffre pas            autant que tu le penses, car tu me bichonnes de ton amour     précoce.

Lorsque tu me prends ma douche, quel moment           agréable ! Je me sens aimée !

Tu me traites avec la meilleure sympathie que tu peux,  et   moi,  je te rends la pareille après tous ces mois de service.

Tu dis que je souffre de tout cela, mais moi est-ce que je      suis la poubelle modèle dont tu rêves ? Est-ce qu’il ya des      choses que tu aimerais que je fasse en plus ?

Je ne me plains pas car tu sais l’amour et la joie que je           partage lorsque tu m’utilises, c’est tellement un plaisir de      te servir et d’être là à toute heure quand tu en as besoin ;

J’espère que cette lettre t’enchantera, mon cher Morgan, il            me reste encore tant de choses à faire pour toi.

Ta poubelle

 

 

A……………                                                              Givors le 3 février 2012

Chère Pomme de terre.

Aujourd’hui  je t’ai remontée de la cave, grive et terreuse, pointillée de petits yeux noirs.

Lorsque je t’ai prise dans ma main pour t’éplucher, j’ai cru sentir battre un petit cœur invisible. Tes petits yeux se sont ouverts, suppliants, mais l’eau frémissante t’appelait pour rejoindre tes compagnons poireaux et carottes.

Alors, j’ai attendu, hésité, allais-je t’abandonner… à eux ?!!

Le sifflement impatient du bouillonnement m’a sortie de mon hésitation et j’ai saisi le couteau pour commencer à te déshabiller.

Sous les arabesques de l’épluchure, tu es apparue. Ton corps blanc-jaune se laissait tout doucement effeuiller et lisser par la lame tranchante et glissante. Elle semblait prendre soin de toi, et évitait de t’écorcher. Tu allais être parée pour le sacrifice final

La longue épluchure de ton vêtement, s’allongeait, s’allongeait, s’allongeait sans jamais se rompre, prête à te rhabiller s’il le fallait. Puis elle a cédé, et elle t’a laissée seule face à ton destin nourricier. C’est alors que je t’ai plongée dans ce puits bouillant,  rejoindre le vert et l’orange,  prête à frémir sous les bulles brulantes.

Chère Pomme de terre, ce passage de vie à trépas est le destin de tous, des victuailles dévorées et des dévoreurs qui alimentent leur corps provisoire.

C’en est fini belle jaune, tu es désagrégée. Mais l’espace d’un instant tu as vécu comme vivent les corps : déshabillée, laiteuse, nue avant le sacrifice.

N’oublie pas pomme de terre que tout est provisoire et surtout que ta beauté d’un instant laisse de toi une image vivante

 

A …………….

Pomme de terre
4, boulevard des frites
38580 EPLUCHE PATATE

Chère A ………….,

J’ai bien reçu ta belle lettre. Je vais t’avouer qu’en la lisant j’avais les larmes aux yeux, elle m’a beaucoup touchée.

C’est vrai que je n’ai pas une vie facile et longue avec toi.

Quand j’entends l’eau couler, chauffer, je t’avoue que j’ai très peur. Tu sais, j’ai peut-être un cœur invisible, mais j’en ai un, et de me voir mourir, puis ingurgitée sans attention,  me tue aussi, d’une autre façon.  Tu n’as pas hésité, mais ne te fais pas de souci, on y passe tous un jour ou l’autre et puis c’est ma destinée.

La vie d’une pomme de terre est un peu comme un rapport de  vie.

On me déshabille, on me déguste et puis on ne me calcule plus. Je suis morte.

Merci pour toute l’attention que tu m’as portée.

La pomme de terre

 

R ……..                                                                 Givors le 3 février 2012

 

Cher hall d’entrée,

Je t’écris pour témoigner de ta souffrance. Tous les soirs, je suis triste quand je vois ton état. De jour en jour, tu deviens insalubre, dégradé, sale…..Inondé de mégots.

Les va et vient sont ton quotidien. Au fil de la journée tu deviens humide et froid. Je viens te dire à quel point je suis désolé de tous ces crachats, de toutes ces dégradations qu’ont te fait subir. Tous les soirs t’enfument. Je suis sur que tu es devenu accro toi-aussi.

De te voir dans cet état m’appauvrit.

Nous le pardonneras-tu ? Je l’espère. Juste pour te dire qu’on t’aime tous, ne l’oublie jamais. On t’aime.

R ………………..

 

Hall d’entrée                                                     Givors le 3 février 2012

Rue des pas perdus
41000 MAISON

 

Cher R…………..

J’ai été touché par ta compassion et je t’en remercie.

C’est vrai que quotidiennement je souffre de tous ces va et vient déroutants. Mon état piteux est en effet le résultat du peu de considération des uns et des autres pour l’espace passager que je suis. Mais je ne suis pas amer, car c’est la nature même de mon existence qui fait ce que je suis.

On me traverse sans attention, personne ne s’arrête, ni les corps, ni les regards, pour juste un instant me découvrir. Je ne suis qu’un passage vide, et ce vide est comblé par tout ce que ces corps déambulant rejettent : immondices de vie, immondices d’ennui. Ne te fais pas de soucis si je deviens insalubre, froid et humide c’est le lot de tout passage, mais juste une fois si tu m’empruntes, reste un instant et regarde moi. Ce regard même fugitif, sera pour moi un signe d’amour qui m’aidera à continuer d’exister, même délabré, au moins pendant cet instant.

Le Hall d’entrée.

 

 

F ……………..                                                                       Givors le 3 février 2012

 

Mon cher cartable,

Je t’écris cette lettre, pour te dire que parfois j’ai de la peine pour toi, quand je vois comment tu es traité, que ce soit par ton propriétaire ou par le poids qu’on t’inflige sans que tu ne te plaignes et sans faire partager ton désarroi.

Tu es physiquement plutôt joli, grand, aussi on s’attache très vite à toi, même si tu souffres continuellement sans qu’on y pense. Je continue et te fais endurer des choses qu’un jour tu n’as plus supporté et tu m’as lâché.

Si tu savais combien je t’aimais et combien depuis ce triste jour tu me manques. Jamais plus je ne pourrai avoir un cartable comme toi.

F……………….

 

 

 

Jean- Marc CARTABLE                                    Givors le 3 février 2012
15, allée des crayons
69510 TRODELIVRES SUR RHONE

Cher F ………….,

Tu l’as compris, je suis dans le trop plein, dans l’handicap. On me charge. J’écarte au  mieux mes soufflets. Je pense pouvoir encore respirer et puis non.

On m’en recolle une dose : des petites notes avant de fermer mon clic, des feuilles griffonnées au dernier moment glissées sauvagement entre deux livres.

C’était pourtant écrit sur la notice, sur mon contrat de travail en somme.

On ne surchargera pas, sinon c’est la gueule des mauvais jours, l’accident, la déchirure, la ride, le déclin, la retraite anticipée, la mocheté dans un coin sombre du grenier.

Je veux repousser le déclin, moi, cartable. Je veux garder du souffle dans mes soufflets. Pas finir au coin de la rue, pas finir poubelle du temps, pas finir comme ces détours des yeux, ces détours du cœur, ces détours et ces abandons.

Je ne veux pas être le cartable abandonné, celui qu’on ne viendra plus chercher, celui qui meurt dans l’anonymat d’une rue, d’un trou de poubelle, dans le vomi des heures amères d’un matin gris qui ne s’éveillera plus.

Le cartable.

 

 

S ………………….

Givors le 3 février 2012

Mon cher MP3,

Je t’adresse ce petit courrier afin de te faire savoir à quel point parfois tu me manques ! Surtout lorsque tu n’as plus de batterie.

Malgré  cela, tu me tiens à cœur. Quand j’ai besoin de t’écouter chanter et de te voir allumé, tu es toujours présent pour moi, et je t’en remercie énormément.

Sache que ce que je préfère chez toi, c’est le petit trésor que tu caches au fond de toi.

Il m’arrive de te faire tomber, et même de te jeter, j’espère que tu ne m’en veux pas, parce que quand même après tout ce temps, je ne t’ai jamais perdu.

Bisous à toi, mon petit MP3

 

 

MP3                                                             Givors le 3 février 2012

 

Cher S …………

Je réponds à la petite lettre que tu m’as envoyée. Sache qu’elle m’a fait énormément plaisir, car avec toi je me promène tous les jours, j’ai découvert des endroits que sans toi, je n’aurais jamais connus.

Mon cerveau est rempli de tes goûts musicaux et cela me fait énormément de bien, lorsque tu m’allumes et je te crache à fond, la musique que tu veux.

Sache que quand je n’ai plus de batterie, c’est comme si j’étais malade, pour toi. Je suis tout fatigué et je dors, jusqu’à ce que tu me branches à ton PC . Puis une fois la batterie pleine, c’est reparti pour être au chaud dans ta poche, et c’est magnifique d’être les trois quarts du temps au chaud et de faire partager mon savoir à tes petites oreilles.

S’il te plait, essaye de moins me faire tomber, sinon je n’atteindrai jamais la moyenne d’âge d’un MP3, tu seras obligé de me remplacer et je serai jaloux.

 

Gros bisous à toi, mon petit S …

Ton MP3 adoré.


Faut que je réussisse

Faut que je réussisse
Progression………
Faut que je réussisse
Vision……..
Faut que je réussisse
Emotions……
Faut que je réussisse
Domination……
Faut que je réussisse
Protection………
Faut que je réussisse
Attention……
Faut que je réussisse
Appréhension…..
Faut que je réussisse
Mission……
Faut que je réussisse
Pression……
Faut que je réussisse
Frisson……..
Faut que je réussisse
Vision………
Faut que je réussisse
Sanction……

Pourquoi dois-je réussir ?


Faut que je réussisse

Il faut que je réussisse, rien que pour mes parents
Pour l’éducation qu’ils m’ont inculquée
Pour la fierté qu’ils ont à travers moi
Pour leur montrer que moi aussi je peux réussir
Pour qu’ils voient que sous mes âneries, je suis une autre personne
Pour avoir leurs sourires somptueux
Pour voir le bonheur scintiller dans leurs yeux
Pour qu’ils sachent que je suis bien comme les autres
Pour leur montrer que je peux être dans le bon chemin
Mais après cela, pourrais-je faire quelque chose
Pour qu’ils soient fiers de moi ?

____

 

Faut que je réussisse

Progression……

Faut que je réussisse

Vision………..

Faut que je réussisse

Emotions……

Faut que je réussisse

Domination……

Faut que je réussisse

Protection………

Faut que je réussisse

Attention……

Faut que je réussisse

Appréhension…..

Faut que je réussisse

Mission……

Faut que je réussisse

Pression……

Faut que je réussisse

Frisson……..

Faut que je réussisse

Vision………

Faut que je réussisse

Sanction……

Pourquoi dois-je réussir ?


Monde cruel


Monde cruel

Egoïsme

Monde cruel

Et c’est la guerre

Monde cruel

Self défense

Monde cruel

Robot censuré

Monde cruel

L’ennemi à ta porte

Monde cruel

Quelle raison de vivre ?


Brutalité

 

Cette brutalité qui nous dépasse

Cette brutalité qui nous dépasse

Mentalement

Cette brutalité qui nous dépasse

Mentalement et physiquement

Cette brutalité qui nous rend fous

Cette brutalité qui rend fou et en colère

Cette brutalité qui s’aggrave

Cette brutalité dans toutes les guerres

Cette brutalité abominable

Cette brutalité sous toutes ses formes

Dérangeantes, absurdes

Cette brutalité

Pourquoi tant de brutalité ?


Mes mots sur trois notes de musique HUGUES LE BARS  « ZINZIN »

Tu prends place, tu regardes au loin.

Tu te lances, t’es parti.

Cette vitesse qui augmente

C’est toute ta vie.

Tu enchaines les courbes

Tu freines, t’accélères.

Ces mouvements répétitifs

Tu les aimes

On t’observe

Tu es perturbé

Tu tournes en rond

Comme un manège

Dernière courbe

Dernier regard

C’est fini

Ce jour de mai

Le muguet a fané

Une étoile brille.

________

 

Début

Commencé  par la solitude,

La mélancolie

Le désespoir d’une vie foutue en l’air.

Début : la belle vie, mais tristesse profonde

Tous mes souvenirs par des moments d’extase

Ressurgissent comme un « moi »

Après un concert fabuleux. Trop bien.

Ensuite

Vient l’accélération

Le début de la montée de la sauce piquante

Moment d’apothéose

Vient une distorsion

Moment de défonce

Comme un bon rail de coke

En mélange d’extasie

En s’émerveillant.

Milieu

C’est le retour sur l’enfer du mal de vivre

Du bien être

Tout dépend de l’instant perturbé

Avec un peu de ralentissement

Fin progressive

C’est le retour sur le décalage

De la vie réelle

Où tout dépend du degré d’extase.

Tu pars

Et je te tends la main

Tu pars

Je m’accroche

Tu es partie

Je ne te vois pas

Tu n’es plus là

Je m’accroche à tes ailes

Tu es devant, mais tu n’es plus là

Je ne réalise pas

Tu me regardes d’en haut

Et je contemple ta fin

Tu me souris

Je te pleure

Je me couche, la nuit…

Je me couche avec mes pensées

Pour aller au pays des rêves

Je me lève, la nuit

Il est six heures

Et plus que trente minutes à dormir

Et le monde est déjà en exercice

Je déjeune

Bien déjeuner, sans rien entendre

Je ne répondrai pas

Je demande de ne pas bouger,

Et de ne pas me saouler

Je me prépare

Il faut se coiffer

Se brosser les dents

Pour aller en cours.

Si j’ai pas la salle de bains

Je me recouche

Fainéantise !

Je passe prendre mon ami

Pas prêt ! faut le spider

Un peu trop cool parfois

On court derrière le bus

Et voilà qu’on s’engueule

On dit : c’est ta faute

Je ne suis pas d’accord

J’arrive en cours

Une longue journée de travail !

Doux soir de perdition

Resté seul dans la plénitude du partir

Et du disparaître

Sans jamais se retourner

Mélancolie de la terre qui a vu sortir

Le sort de l’exil

Terre d’asile

Enfant de cette terre douce et nourricière

N’oublie pas !

Si tu dois me quitter

Laisse un petit bout de vie

Dure terre d’asile

Dure souffrance

N’oublie pas !

N’oublie pas le seuil de ta maison

Seuil du début de vie

N’oublie pas !

Tu l’as quittée dans l’espoir de la revoir

N’oublie pas !

Tu l’as quittée dans l’espoir d’à nouveau la sentir

Ne quitte pas cet habit large et long

Que tu as endossé

Dure terre d’asile

Sinon reste, reste, reste

Respire !

Désespoir.

Le monde

Avec son côté corde de violon

Son côté tendre

Son côté slow endormi

Le monde dans sa douceur

Le monde est bien cruel

On le voit miel

Mais le monde est cruel pour la pomme de terre

Pour le fruit

Mais aussi pour le sans-abri

Le cafard et la fourmi

Le monde

Est-ce le monde ?

Est-ce mon monde ? Le tien, celui qui t’a

Fait naître, et qui a vu arriver sur la terre des milliers

D’enfants, les enfants du monde, du ventre du monde ?

Le monde, oui le monde

Tue l’avenir comme il a tué le passé

Le monde, la planète dans son cœur de planète

Se pose toutes les questions : exclusion-isolement

Nous sommes sous la pluie des cordes du violon

Et nous attendons.

Nous attendons

Mais le monde s’arrête

On  a commencé à s’arrêter.


Quelques Phrases jetées

« Ils bloquent l’entrée du bonheur éternel en jetant des projectiles sur nos idées »

« Le train passe devant la gare de l’infini sucré »

« La pluie dévorante de souvenirs frissonnant de violence »

« J’ai le regard innocent dans mes cauchemars transparents »

« Je joue au milieu de mes rêves sous le soleil boisé »


Recettes pour un monde meilleur

Prenez la vie comme elle est

Ne pas casser les moments intimes

Séparez-vous des mauvaises personnes

Saupoudrez d’un peu de joie

Mettez des sentiments enflammés

Versez un brin d’humour frais

Le mélanger avec un peu de joie glorieuse

Laissez poser ces sentiments sucrés

Allumez votre cœur éteint

Versez un éclat d’amour

Pour faire sauter le bonheur

Puis dégustez avec générosité

Et servir chaud au monde qui espère.


Tu prends place, tu regardes au loin

Tu prends place, tu regardes au loin.
Tu te lances, t’es parti.
Cette vitesse qui augmente
C’est toute ta vie.
Tu enchaines les courbes
Tu freines, t’accélères.
Ces mouvements répétitifs
Tu les aimes
On t’observe
Tu es perturbé
Tu tournes en rond
Comme un manège
Dernière courbe
Dernier regard
C’est fini
Ce jour de mai
Le muguet a fané
Une étoile brille.